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Les petits luxes de Rupert Everett : du vin et un bon restaurant

A l’affiche du film belge « Rosenn », Rupert Everett nous a confié les secrets de sa forme dans un français impeccable.

Il aura 55 ans à la fin du mois de mai. Pourtant, l’acteur britannique conserve le look d’un adolescent. Les pommettes hautes, l’oeil pétillant, le profil d’un dieu Grec, il déploie sa silhouette longiligne, nous tend la main et commande une vodka au bar du festival du film d’amour de Mons.

L’interview peut commencer. En français : le comédien a  habité à Paris et pratique couramment la langue de Voltaire.

Dans « Rosenn« , Rupert Everett incarne un célèbre écrivain anglais. Un homme ténébreux qui tombe amoureux d’une très jeune femme, sur l’île de Bourbon dans l’Océan indien. Et lorsque l’amour au quotidien tue l’amour passionnel, les sentiments résisteront-ils ? Ou tout cela n’était-il qu’une énorme supercherie ?

 

Techniquement, comment vous préparez-vous à un rôle ? 

Ca dépend du rôle. Si c’est un rôle historique – je vais jouer prochainement le roi Geoges VI d’Angleterre – je cherche à  réaliser un mélange entre moi et lui. Physiquement et pour la voix. En tant qu’acteur, c’est votre travail. Vous ne pouvez pas vous effacer complètement.

Pour Rosenn, il s’agit d’une sorte d’ange exterminateur. Je n’ai rien fait pour me préparer, car je devais jouer contre la vérité du personnage. Lewis Lafoly est un monstre et je devais le camoufler le plus possible. Comme indication, le metteur en scène m’a dit : « Pense juste à être souriant, et ne te pose pas de questions sur ses motivations. »

C’est très important de défendre son personnage. Si vous ne l’aimez pas, c’est très difficile de le jouer de manière convaincante.

 

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Vous préparez un film sur la fin de la vie d’Oscar Wilde. Un projet que vous écrivez, réalisez, et dans lequel vous allez jouer. 

Oui. La Belgique m’aide d’ailleurs beaucoup dans ce projet. Il se tournera en partie à Paris, en Italie et à Bruxelles à l’automne. Dans le casting, il y aura Colin Farrell, Emily Watson, Miranda Richardson et Tom Wilkinson.

Le plaisir que j’ai à y travailler est extraordinaire. Pour la première fois, je vais me trouver derrière la caméra. C’est énorme d’avoir son destin entièrement en main. Si c’est un désastre,  je n’aurai qu’à m’en prendre à moi même. C’est à la fois très excitant et très angoissant !

 

Pour un acteur masculin, l’apparence est-elle aussi importante que pour une femme ?

Quand vous êtes jeune, oui. A mon âge… je ne sais pas. C’est vrai que c’est difficile, car je suis entre deux âges. Je ne peux pas encore jouer des rôles de grands-pères, et plus tellement ceux de maris. C’est une période « grise », et les gens se se foutent de votre apparence.

 

Dans la vraie vie, qu’est-ce que l’élégance pour vous ?

L’élégance n’a rien à voir avec l’argent. Or nous vivons dans un mode très matérialiste. Les gens se trompent : l’argent n’achète pas l’élégance. C’est quelque chose de personnel, et qui touche notamment à l’humilité. Il n’y a aucune élégance à être trop sûr de sa valeur physique, sexuelle, de son côté glamour.

 

Quelle est votre définition du luxe ?

Le luxe, pour moi, c’est de pouvoir m’offrir tous les jours un repas dans un bon restaurant. Une bonne brasserie aux tables revêtues de nappes blanches, ça me suffit. Le luxe bling bling et ostensible auquel on accède grâce à un statut de VIP, je trouve ça moche.

 

Quel genre de restaurants aimez-vous ?

J’aime tout. J’ai des goûts très éclectiques. Mais ce que je déteste par dessus tout, c’est la « nouvelle cuisine« . Il n’y a rien à manger dans l’assiette, que des petits points verts ici et là. Je n’aime pas cette nouvelle mode. Je ne trouve pas ça chic du tout.

 

Quels sont vos films, livres ou morceaux de musique qui vous font du bien ?

Ca dépend de mon humeur. En ce moment, je suis très musique napolitaine du 19ème siècle, parce que je fais des recherches pour mon film. Et aussi music hall anglais de la même époque. En ce qui concerne la lecture, je lis Thomas Mann (prix Nobel de littérature en 1929, NDLR) pour l’instant. J’aime bien mais c’est très long. Si j’avais été son éditeur, je lui aurais imposé de grosses coupures !

 

Vous êtes un homme très élégant, quels sont les secrets de votre forme ?

Je fais des injections sur mon visage, je fais du laser et… je bois ! Du vin.

 

Plus d'informations:

Rosenn, dYvan Lemoine, avec Hande Kodja, Rupert Everett, Stanislas Merhar, Jacques Boudet et Béatrice Dalle. Durée : 1h40. Sorti en salles le 19/3/2014.

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